Intro: Beauté latine
Il est une tradition que tout amateur d'automobile apprécie, celle des cabriolets Alfa Romeo Qui n'a pas en mémoire la Giulietta ou le Duetto...Dans une époque où le créneau est porté par la vague et la vogue des Coupés-Cabriolet, le constructeur italien ne pouvait rester à l'écart...
Bref, voici donc le tout nouveau Alfa Spider et, franchement, saluons le travail des Italiens : pas une faute entre le premier coup de crayon signé, sur le concept Brera, par Giugiaro et l'industrialisation du Spider, passé entre les mains expertes du centre de style Alfa et de Pininfarina. (rédigé par Patrick Rivet)
Esthétique: Clin d'il à la Giulietta
De la Brera, dont il est bien sûr issu, Le Spider conserve les proportions avec un habitacle en position reculée, un avant étiré, effilé se terminant par un regard de chat encadrant la calandre typique de la marque.
Clin d'oeil à la Giulietta, des ailes arrière rebondies
La face arrière ne manque pas de charme non plus avec le dessin galbé du coffre à bagages, d'une contenance de 235 dm3. La ligne de caisse haute, la face arrière soulignée par l'extracteur d'air et les roues à bâtons, ici les 18 pouces de la finition Selective, apportent la note sportive. Que ce soit avec ou sans la capote, l'Alfa Spider conserve à la fois charme et élégance. La capote, justement, Alfa Romeo, par tradition familiale, y est restée fidèle.
Encore une fois, on apprécie le modernisme actuel et on remercie les ingénieurs qui se creusent les méninges à étudier des systèmes de capote vous permettant de ne rien faire, sinon appuyer sur un bouton en restant confortablement assis !
Ranger la capote permet de découvrir les deux arceaux placés derrière les appui-tête. Là encore, on joue l'allure sportive. A noter que deux autres renforts sont intégrés dans les montants de pare-brise...
Ambiance tout aussi sportive à l'intérieur ou l'alu brossé côtoie le cuir... La finition est soignée, les passagers apprécieront la présence, dans ce vrai spider, de petits coffres placés derrière les deux sièges au dessin si Alfa Romeo.
Motorisation: De 185 à 260 chevaux
De la Brera, l'Alfa Spider reprend les deux motorisations essence à injection directe : un 4 cylindres 2,2 l de 185 ch et un V6 3,2 l de 260 ch. C'est cette version, associée d'origine à la transmission intégrale Q4 que nous avons essayée. Ainsi doté, le Spider pèse la bagatelle de 1 690 kg à vide ! On va très vite constater que ce surpoids le pénalise.
Sur la route: Manque de personnalité
Rouler avec la capote nous permet de constater qu'on ne se sent pas du tout engoncé dans cet habitacle aux dimensions somme toute généreuses. On trouve facilement sa position de conduite.
En revanche, on remarque très vite en empruntant les petites routes de montagne que les sièges, très beaux au demeurant, ne maintiennent pas suffisamment.
Malgré les mauvaises conditions climatiques, le Spider offre un excellent comportement. La transmission intégrale fait son travail et, assistance connectée ou pas, difficile de prendre la voiture en défaut. La direction est précise, les suspensions agissent avec fermeté mais efficacité.
Enfin une éclaircie. On tombe la capote mais on enfile la veste. Agréable. Pas de remous, le coupe vent transparent placé entre les arceaux est efficace. Décidément, la vie en cabriolet est bien agréable.
Pourtant, non. On s'ennuie. Car le poids, cet ennemi, se rappelle à notre bon souvenir.
Le Spider V6 manque de vivacité, ses freinages sont laborieux. L'ensemble moteur-boîte n'est pas digne d'une telle carrosserie. Le nouveau 3,2 litres, malgré les énormes progrès réalisés sur la puissance et surtout le couple, n'a aucune personnalité. Travailler l'acoustique ne fait pas tout...
Il séduit d'autant moins qu'il est étouffé par une transmission beaucoup trop longue. Mal aidée par une commande indigne d'une sportive, la boîte prive l'Alfa Spider de tout piment, de tout attrait, de tout intérêt.
Sans doute la version 2.2 l deux roues motrices représente-elle le meilleur compromis pour l'Alfa Spider qui, par son pedigree et surtout sa beauté latine, mérite largement une belle place dans le monde quasi stéréotypé de la production actuelle.