LA BETE DE RACE
GTR… Un sigle magique, trois lettres relevant ici plus du mythe que de la réalité. Trois lettres signées Nissan que l’on connaît plus en virtuel, elle sont les stars des consoles de jeu, et que l’on a enfin devant soi !
Il en a fallu, de la patience mais la Nissan GT-R est désormais commercialisée en France ! On profite pour cela de l’étude d’une plate-forme entièrement nouvelle. Est-elle belle cette GT-R ? Ce n’est pas forcément le terme qui convient. On sait avoir à faire à une bête… Et elle est effectivement bestiale, racée avec les traits affirmés, sculptés. Tout respire l’efficacité. La face avant doit à la fois gaver d’air les échangeurs et les radiateurs tout en participant à l’aérodynamique – remarquez combien est travaillé le spoiler-, l’arrière fait de même avec extracteur et aileron. La GT R génère de l’effet de sol. Signature et héritage obligent, les deux blocs lumineux sont ronds… Evocatrices, les doubles sorties d’échappement.
485 CH : BEAU PEDIGREE
Cœur de cette belle nipponne, un V6 3,8 litres alu, quatre soupapes par cylindre, injection directe et double turbo. 485 ch à 6 400 tr/mn et un couple de 588 Nm entre 3 200 et 5 200 tr/mn… Référence et concurrente directe : la Porsche Turbo.
Pour optimiser la répartition des masses, la boite si situe sur l’essieu arrière. La GTR est une transmission intégrale dotée de toutes les aides électroniques : anti patinage, ABS ou ESP, ce dernier programmable comme la transmission et la suspension.
L’habitacle ne fait pas dans le superflu. La finition est correcte, le style de cette vraie 2+2, sobre. Trônant fièrement au sommet de la console centrale, un écran tactile mis au point avec Polyphony, développeur de Gran Turismo. A portée de doigt et d’œil, des informations mécaniques ou quelques données sur votre conduite. Sympa.
Tout cela nous donne forcément envie de rouler. La sonorité qui envahit l’habitacle titille les neurones. Et à la première pression sur l’accélérateur, vous entrez dans la 3e dimension !
Ses concepteurs sont-ils des totons flingueurs ? La GTR, c’est du brutal, une bête sauvage qui demande à être apprivoisée. Les montées en régimes sont vives, la puissance déferle ! La boîte robotisée à double embrayage et palettes derrière le volant – oubliez le levier - est d’une redoutable efficacité. Malgré son gabarit, la GT-R est précise, se place au doigt, à l’oeil et au pied !
La suspension n’aime pas les mauvais revêtements et les calculateurs ne sont pas à la fête ! En revanche, sur billard, le charme opère. Le freinage est redoutable… En un mot, la GT-R est furieuse. Mais quel régal.
On a beau faire attention, le politiquement incorrect nous guette. Alors direction le circuit de Folembray où nous attendent des GT R réservées à la piste ainsi que Ludovic, instructeur et compagnon de nos tours de manège…
Suspension et ESP en mode R comme Racing, c’est parti. La GTR fait oublier son poids de 1960 kg. La direction demande peu d’angle et place l’avant parfaitement, elle pivote sur son axe, avec un minimum de roulis et sans sousvirage. Les quatre disques ventilés abrités par de superbes roues de 20 pouces ne faiblissent jamais. Pas plus que les pneus. Impressionnant.
On aurait bien essayé la GTR avec l’ESP déconnecté… Réservà à Dirk Schoysman, l’essayeur maison… Le mode R accepte toutefois du patinage et permet de prendre environ 8° d’angle ! Jamais frustrant. Avec une telle puissance et la gestion de sa transmission, la Nissan GTR se comporte plus comme une propulsion qu’une intégrale... Et c’est le plaisir qui devient intégral… avec un rapport prix-performance-sensation quasi imbattable : 85 000 Euros ! Si vous n’avez jamais joué au Loto, c’est le moment d’y songer.
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