Intro: ELLE A TOUT POUR PLAIRE
La première Legacy est apparue en 1989. On en est aujourd'hui à la quatrième génération. La version précédente a connu un franc succès, celle-ci apporte avec elle son lot de nouveautés comme le moteur H 6. Comme son nom l'indique, ce nouveau groupe reprend l'architecture boxer, sorte de marque de fabrique du constructeur japonais. Evidemment, l'autre caractéristique de la Legacy est le principe des quatre roues motrices. La Legacy existe bien sur en version civile, c'est à dire en berline et en break des villes, mais le dérivé tout-chemin, baptisé Outback que nous avons choisi a incontestablement une meilleure allure grâce à son look de baroudeur dans la ligne d'une Audi Allroad ou d'une Volvo XC 70. (rédigé par Philippe Fauconnier)
Esthétique: DU HAUT DE GAMME
La garde au sol est augmentée de 5 cm et portée à 20 cm, les pare-chocs et les passages de roues sont redimensionnés, bref l'engin a une certaine allure. Si elle garde une certaine personnalité, la ligne de la Legacy manque cruellement de caractère. Peu de choses la démarque de la production japonaise ambiante. En tous cas, c'est bien fait et d'une certaine élégance, mais d'une discrétion absolue qui frise la banalité. Qu'importe, ces caractéristiques semblent convenir à la clientèle de la Legacy.
A l'intérieur, on appréciera en revanche la qualité de la finition, l'ergonomie, et d'une façon générale l'ambiance qui se dégage de cet habitacle clair et accueillant.
Les commandes tombent parfaitement sous la main, le confort est présent en toutes circonstances. Bref, nous avons affaire à une voiture de classe qui sans être luxueuse justifie parfaitement son statut de haut de gamme.
On remarquera le toit ouvrant de grande dimension, il contribue beaucoup à la luminosité de l'habitacle.
Motorisation: UNE PIECE DORFEVRERIE
Côté moteur, le H6 3.0 litres de la Subaru Legacy offre de la puissance et du couple, mais celui-ci est placé très haut. Jusque-là pas de problème mais on va voir dans cet essai que le choix d'une boîte auto 5 rapports trop lente va s'avérer déterminant dans le plaisir ou plutôt l'absence de plaisir que l'on ressent à bord.
Pourtant, ce moteur est à lui seul une pièce d'orfévrerie, il est pour beaucoup dans l'intérêt que l'on a pris à conduire la Legacy et reste la preuve que Subaru sait maîtriser la mécanique, mais de cela, l'Impreza nous avait déjà convaincu.
Les performances sont de premier ordre pour une voiture dont le poids n'est que de très peu supérieur à 1.5 tonnes malgré la transmission intégrale. La consommation est maîtrisée et inférieure à 10 litres en usage modéré bien évidemment.
Sur la route: (PRESQUE) SANS FAUTE
La tenue de route et l'amortissement, sont comme souvent chez Subaru : un sans faute. Pas de roulis, une grande précision de la direction et une redoutable efficacité de la transmission intégrale permettent une conduite soutenue en tout confort, on retrouve sur ces points le meilleur de la marque.
Le seul souci : la boîte de vitesses. Trop lente, autant en usage auto que séquentiel, elle limite considérablement les capacités de la voiture et de son moteur. Si les montées en régime sont franches, elle sont largement limitées par une boîte d'un autre âge, aux temps de réponses trop longs et qui finissent par fatiguer d'une utilisation sportive pour laquelle le moteur répond pourtant présent à la moindre sollicitation. La boîte manuelle qui ne sera disponible que dans un an et demi.
Rappelons le tout de même, les deux gros marchés de la Legacy sont le Japon et les Etats-Unis, deux contrées où on n'a pas l'habitude de "jouer" avec l'automobile. Mais si la marque a pris conscience qu'elle devait gagner des parts de marchés en Europe, il faut aussi qu'elle en adopte les modes de pensée et les habitudes. Subaru devra revoir sa copie sur ce point, c'est à la fois important, mais, il faut l'admettre, c'est aussi le seul reproche qu'on a à adresser à la Legacy.