Intro: COMME UNE GRANDE
Bâtir. Rénover. Pierre par pierre. Après la refonte complète des 80 et 70, la naissance de la 60, il était temps, pour Volvo, d'achever le renouvellement de sa gamme en travaillant sur la plus petite de la maison : la S 40.
Volonté affichée : ne pas surprendre, donner à cette S 40 un inconstestable air de famille. (rédigé par Patrick Rivet)
Esthétique: UNE S80 MINIATURE
Problème épineux pour qui n'a pas forcément piqué Volvo quand il était petit : à trop vouloir ressembler à sa grande sur, la S 40 pourrait passer pour une voiture manquant de personnalité.
Carrosserie trois volumes, voire deux volumes et demis, long capot, pavillon allant rejoindre le coffre de malle en pente douce pour donner à la voiture un air de berline coupé, de ce côté-là, oui, la S 40 s'affiche bien comme une S 60 en réduction.
Autre exemple, l'arrière et ses blocs lumineux caractéristiques qui viennent manger une partie des ailes arrière et s'appuyer sur la ceinture de caisse, dont la ligne est une des signatures du style Volvo. Tout comme la calandre et la face avant.
Les Suédois voulaient concentrer les propriétés d'une S 80 dans la compacité de la 40, c'est donc plus que réussi.
Sage et classique en apparence, la Volvo S 40 se dévergonde un peu plus à l'intérieur. Les designers ont laissé libre court à leur talent et leur imagination pour concevoir une console ultra-mince du plus bel effet.
Toute aussi réussie, mis à part peut-être la nature du plastique recouvrant le montant du pied milieu, la finition intérieure. Volvo joue dans la catégorie premium, autrement dit celle de Mercedes Classe C, Audi A3 et A4 ou BMW Série 3, et n'a pas à rougir face aux allemandes. La finition est remarquable, le niveau d'équipement, allant des désormais traditionnels airbags jusqu'au système de guidage, très complet.
Motorisation: UN ATOUT MAITRE
Dotée, à terme, de sept motorisations dont deux Diesel, la S 40 entame sa carrière avec les 5 cylindres en ligne de la marque... Ici la version T5, la plus puissante.
Suralimentée, elle reçoit une boîte de vitesses à six rapports, issue de la famille R.
A terme, la S 40 sera proposée en version AWD...
Donnant de la voix grâce à sa mélodie caractéristique, le cinq cylindres est un des atouts maîtres de la T5.
Inutile de le pousser dans les hauts régimes, il excelle dans les relances, permet de rouler sur le couple, sans trop solliciter une boîte de vitesses au demeurant bien étagée et à la commande précise.
Sur la route: ELLE NAIME QUE LE BILLARD
Volvo dans son allure, la S 40 ne renie pas non plus sa filiation quand on se retrouve à son volant. Les plus sportifs d'entre vous regretterons que seul l'anti-patinage soit déconnectable, au contraire du contrôle de trajectoire, toujours présent. De nature, la S 40 pourrait fort bien s'en passer. La direction, précise, permet de bien placer le train avant tandis que l'arrière suit parfaitement. Sans être sportif, c'est sain, dynamique, vivant...
Si la route est un billard, ça roule. En revanche, encore un air de famille, la suspension de la S 40 n'aime pas les mauvais revêtements. Elle se met alors à avoir des réactions sèches, avec trop de souplesse en extension et de brutalité en compression. Des pertes de motricité se font sentir et le confort se dégrade comme la chaussée.Toute l'harmonie ressentie précédemment est en partie rompue.
Côté freinage, c'est endurant avec les quatre disques, mais, au début, il faut prendre confiance dans la course un peu longue de la pédale.
Chez Volvo, on voulait que cette nouvelle S 40 ait, comme le dit un de nos constructeurs, toute d'une grande. De ce côté-là, c'est réussi. Silencieuse, cossue, elle devrait attirer ceux qui apprécient le sérieux de la marque suédoise. Parviendra-t-elle à conquérir les jeunes, voire la clientèle ne jurant que par les produits allemands? Pas évident. Son air de famille prononcé et cité en référence pourrait alors se retourner contre elle.