DUCATI STREETFIGHTER S
On n’osait à peine y croire mais Ducati l’a fait. Insérer un moteur bestial, le bicylindre surpuissant de la 1098, au cœur du châssis d’un tout nouveau roadster naked.
L’esprit Monster
Cette folie à pour nom de code Streetfighter, une appellation qui lui va à merveille, ne serait-ce que pour sa plastique irréprochable, des plus agressives. Beaucoup moins en rondeur qu’une Monster, la Streetfighter est taillée à la serpe, trapue, avec un arrière très court qui donne l’impression que tout est concentré sur l’avant.
Les tripes à l’air, la streetfighter offre au regard son bicylindre, enserré dans un cadre treillis tubulaire. Ce moteur a été modifié pour l’occasion et reprend notamment quelques éléments du 1198. Les deux pots d’échappements en position latérale reprennent l’esprit Monster, on imagine déjà la beauté de l’ensemble Termignoni en option, passage obligé pour les purs Ducatistes.
Un anti patinage !
Les freins Brembo promettent une efficacité redoutable, et côté suspensions, on retrouve sur ce modèle S, du Ohlins à l’avant et à l’arrière, en remplacement du Showa. Le tableau de bord n’est pas grand mais entièrement électronique et très complet avec chrono intégré.
La fonction la plus incroyable, le DTC, Ducati Traction Control. 8 niveaux de réglages au pouce pour le contrôle électronique de la motricité. Une première fois sur un roadster. On retrouve également un système d’acquisition de données avec clé USB, jusqu’alors réservé aux hypersports.
Bestiale !
Premier contact, la Streetfighter S est déconcertante. Une position pas trop fatigante, mais l’impression d’être propulsé sur la partie avant de la moto. Passé quelques minutes d’adaptation, on se sent plus à l’aise, et on s’aperçoit de son excellente tenue de cap, pourvu qu’on la force un peu en entrée de courbe. Le Bi est démentiel, voire même un peu brutal à bas régime. Avec les commandes un peu dures, la ville fatigue à la longue. Les routes plus roulantes lui permettent de s’exprimer avec des montées en régimes hallucinantes mais parfaitement gérée par le DTC et un freinage surpuissant, un ou deux doigts suffisent pour se retrouver sur la roue avant.
Enorme pari pour Ducati que de sortir ce roadster sur la base d’une hypersport ultra pointue. Magnifique et surprenante mais un peu brute de décoffrage, elle séduit déjà sans doute les adeptes de machines exclusives. Comptez 14990 euros pour la version de base, et 18700 pour la version S, suréquipée et allégée, le plaisir Desmodromique n’a pas de prix.