Combat de gros cubes 
Qui dit roadster, dit également puissance, dépouillement et plaisir de conduite.
Intro: Combat de gros cubes
Qui dit roadster, dit également puissance, dépouillement et plaisir de conduite. A partir de là, les deux héroïnes de notre comparatif, la Yamaha XJR 1300 et la Suzuki GSX 1400 peuvent statuer en tant qu'essence même de l'esprit roadster. Mais aussi ressemblantes qu'elles puissent être dans leur philosophie, leurs différences sont étonnantes. (Jessica Paupinat )
Esthétique: Ancienneté contre modernité
On note le soucis du détail concernant les flans de carénage franchement réussis sur le nouveau XJR 1300 et l'optique arrière large qui lui offre une sensation de robustesse. La Suzuki, quant à elle, est un peu plus difficile à cataloguer. Elle est plus volumineuse et mélange rondeurs et lignes fuyantes. Du point de vue pratique, la XJR avoue une conception plus ancienne. Il s'avère très difficile de glisser quoi que ce soit sous sa selle alors que la 1400 est dotée d'un espace qui atteint presque les 11 litres. La Suzuki continue de faire la différence concernant le tableau de bord : en plus de deux gros compteurs, on trouve des informations digitales : l'horloge, la jauge à essence et les témoins habituels, sans oublier celui dévolue à l'injection. La XJR se montre beaucoup plus classique en la matière et reste fidèle au tout analogique.
Motorisation: Injection contre carbu
Tout d'abord, on apprécie particulièrement l'attention que les deux constructeurs japonais ont prêté aux looks de leurs moteurs.
Avec 1 251 cm3, le 4 cylindres en ligne 16 soupapes refroidi par air de la Yamaha XJR était jusqu'à l'arrivée du GSX 1400 le leader de sa catégorie. Il délivre 106 chevaux et un couple maxi de 10,7mkg dès 6 500 tours/minutes. De quoi propulser les 250 kg de l'engin à 220 km/h sans le moindre effort.
Quant au bloc à injection de la Suzuki GSX 1400 refroidi par air et huile, qui cube 1 402 cm3, sa puissance est également de 106 ch, mais son couple est de 12,8 mkg à 5 000 tours, soit 2 mkg supplémentaires disponibles 1 500 tours plus tôt. Sa vitesse de pointe est également supérieure : 225 km/h mais son poids aussi : 260 kg tous pleins faits, soient dix de plus que sa concurrente.
Sur la route: La yamaha garde ses blazons de première de la classe
D'entrée de jeu, les différences se font sentir, notamment concernant la position de conduite. Avec une hauteur de selle de 775 mm, la Yamaha XJR 1300 offre une assise plus basse que la Suzuki, mais la position en retrait de ses repose-pieds se traduit par des jambes très repliées, par conséquent les genoux de grands gabarits peuvent venir heurter le haut du moteur. Cependant, la courbure de réservoir de la GSX peut également gêner les conducteurs de grandes tailles. Mais en terme de confort, l'avantage revient à la Suzuki.
Pour 2002, la Yamaha XJR 1300 reçoit des éléments de suspensions de marque Ohlins de série ce qui implique une plus grande fermeté de comportement. On regrette cependant que ces suspensions ne soient réglables qu'en pré-charge, alors qu'elles le sont aussi en détente et compression sur la Suzuki GSX 1400 .
En conditions citadines, la XJR se sent sur son territoire. Elle est vive, légère, bref, plus facile que sa rivale. La douceur de ses commandes participe à cette facilité d'utilisation même si l'embrayage connaît parfois quelques difficultés pour trouver le point mort.
La GSX, quant à elle, n'est pas une machine difficile mais elle se montre immédiatement plus pataude que la Yam. Les dix kilos supplémentaires se font sentir, avec en plus un centre de gravité un peu plus haut.
Cependant son point fort, c'est sa souplesse. Du ralenti jusqu'aux confins de la zone rouge, l'injection offre un répondant sans faille. Mais elle demande une grande concentration particulièrement si les virages s'enchaînent. La GSX n'est pas joueuse dans l'âme et se révèle beaucoup plus physique que la Yamaha. Plus joueuse, plus instinctive, la XJR jouit d'un train avant plus précis et surtout d'un moteur plus expressif. C'est ce qui fait la différence entre un bloc à injection et un moteur nourrit par des carburateurs.
Le système de freinage de la XJR (issu de la R1) est convaincant mais oblige à agir avec doigté sur revêtement mouillé tant la puissance est importante. Concernant celui de la GSX, on manque un peu de feeling.
A noter que l'autoroute au guidon des ces deux roadster est bannie tant la vivacité des moteurs est grande et que la protection est minime.